Dis, c'est quoi un burnout ?

Dernière mise à jour : 18 mai

Inclus dans les 5 risques psychosociaux en entreprise (RPS), que sont le stress, le harcèlement moral, le harcèlement sexuel, la violence au travail, et le burnout (SEP), le SEP (syndrome d'épuisement professionnel est un ensemble de signes et de symptômes, traduisant un état durable et négatif lié au travail affectant des individus ‘normaux’.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) caractérise le burn-out comme un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ;

l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) décrit le syndrome d’épuisement professionnel comme un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique.

Cependant, il n’existe pas de classification officielle des symptômes pour que le SEP puisse être encore reconnu comme une maladie professionnelle. (à ce jour en France - Source : Rapport d’information de la commission des Affaires Sociales sur la mission d’information relative au syndrome d’épuisement professionnel - Février 20217. Et projet de loi n°516 rejeté en 2018 par l’assemblée.)

Il est donc difficile d’avoir des statistiques fiables et pérennes. Toutefois, la sécurité sociale indiquait en 2019, 10 000 affections psychiques en accident du travail. Et Statista présentait pour la même période, une étude où 17% des sondés exprimaient avoir vécu un burn out.



 

Quels sont les éléments permettant de diagnostiquer un burn out (SEP) ?

Quel est cet « ensemble de signes, de symptômes, de modifications morphologiques, fonctionnelles ou biochimiques de l’organisme qui par leur groupement, permettent d’orienter le diagnostic ?» • Les effets symptomatologiques (voir image > ) diagnostiqués par un médecin ou un psychothérapeute. • Les éléments d’interaction entre la vie personnelle et la vie professionnelle - L’accomplissement professionnel : le sens, la fierté et l’épanouissement personnel dans son travail. - L’intégration sociale : la place de l’individu et sa perception de sa réussite personnelle au sein d’un collectif professionnel. - La conciliation avec la vie personnelle : Les exigences professionnelles comme les horaires et les impératifs de production, les transports. - Les situations familiales diverses comme la composition du foyer, les gardes d’enfants et la scolarisation. - L’articulation des temps libres et contraints (accès aux loisirs et à la culture et à la recherche de bien-être avec un temps pour soi) • Le surengagement Le SEP touche surtout les personnes dont le travail a une valeur surdimensionnée : mobilisation principale, horaires de travail prolongées, addiction au travail, sens de la vie, … Ces personnes seront plus affectées par la perte de sens, les dysfonctionnements organisationnels, relationnels et managériaux. 4 phases sont observables dans le surengagement : - l’enthousiasme : énergie, ambition, idéal et objectif personnels élevés. Perception de sa réussite satisfaisante même dans des conditions de travail non favorables. - le surinvestissement : redoublement d’ardeur au travail et d’engagement malgré une récompense des efforts qui stagne - la désillusion : les efforts ne sont pas reconnus à la hauteur de ce qu’ils représentent ; déception et baisse de l’engagement accompagnés des premiers signes de fatigue et d’irritabilité. - le burn-out : perte totale d’intérêt pour son travail et sensation d’avoir brulé toute ses réserves d’énergie. L’individu ne se sent plus capable de travailler. • L’environnement professionnel et les caractéristiques du travail Plusieurs éléments sont possibles et cette liste n’est pas exhaustive : – la surcharge de travail, accompagnée ou non de contraintes importantes sur le rythme imposé : pressions liées aux horaires ou aux délais, travail dans l’urgence, travail fractionné, impossibilité de mener une tâche jusqu’à son terme, imprévisibilité des horaires, etc. ; – une implication très importante sur le plan humain : l’épuisement professionnel touche particulièrement les professions vocationnelles, notamment celles en lien avec le soutien aux personnes, l’aide ou le soin ; – des objectifs à atteindre trop élevés, notamment du fait du déséquilibre entre les objectifs demandés et les moyens mis à disposition ; – un manque de clarté des tâches, une confusion des rôles ; – une mauvaise ambiance de travail qui se caractérise par une récurrence des conflits interpersonnels ; – des valeurs individuelles en conflit avec celles de l’organisation et les finalités du travail ; – un faible soutien des supérieurs hiérarchiques ou des collègues ; – des comportements managériaux abusifs ou défaillants. L’identification d’un SEP au sein d’une organisation est un indicateur à ne pas négliger car il est le signe de problématiques au sein de l’entreprise qui vont au-delà de la seule problématique individuelle. • L’évolution de l’organisation du travail - La compétitivité des entreprises : La mondialisation, la compétitivité interne : l’individualisation du travail au détriment d’une production collective du travail qui mène à la justification de sa performance individuelle par le mailing excessif (copie à de nombreux collaborateurs par toujours pertinente) ; - La numérisation du travail : La fin du temps et du lieu de travail cadrés, l’augmentation du télétravail (l’attribution d’une tâche dissociée de l’objectif collectif, l’infobésité contreproductive, l’estimation de la charge de travail numérique est difficile). - Le travail en open-space : L’idée de rendre le travail plus cool est complexifié par le besoin individuel d’isolement (visuel, phonique) et la nécessité du travail collaboratif, avec l’omni surveillance hiérarchique ou à l’inverse l’abandon managérial si le supérieur ne partage pas cet espace. - Le nouveau mode de management : La promotion interne tend à disparaitre au profit de managers sortis des grandes écoles sans une connaissance particulière du travail réel et des moyens de production. La vérification de la réalisation du travail et de sa qualité passe alors par le reporting, qui peut être perçu comme une paperasse inutile et pouvant être à l’origine de perte de sens.

Pour tous ces éléments, il apparaît évident que le monde du travail dénombre des formes différentes du burnout que nous découvrons sous les appellations Bore out (par l'ennui) et Brown out (par la perte de sens). Et qui dit multiplication des formes dit multiplications des victimes. 2.5 millions de personnes potentiellement en burn out en cette automne après plus d'un an de crise sanitaire.





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